Le journal · Été 2026 · Gordes
Aux Bories, la pierre sèche comme un luxe
On arrive aux Bories par une allée qui ne se presse pas. De part et d'autre, les murs de pierre sèche font ce qu'ils font depuis des siècles : tenir, sans mortier, par le seul savoir des mains qui les ont montés. Des générations de bergers ont bâti ces cabanes pour s'abriter, eux et leurs bêtes. Personne, alors, n'aurait employé le mot luxe.
C'est pourtant le mot juste aujourd'hui — à condition de l'entendre comme Eden l'entend. Le luxe des Bories n'est pas dans la surenchère : il est dans le silence des huit hectares, dans la vue franche sur le Luberon, dans un spa qui sent la menthe et le figuier. La pierre sèche est restée ce qu'elle était. C'est le regard qui a changé.
L'été, on y dîne tôt ou tard, jamais vite. Et l'on comprend, en repartant sous les chênes verts, ce que ce lieu a de plus rare : il n'a pas été inventé. Il a été écouté.