L’éternité d’un instant
Ramatuellois
Il est des lieux que l’on ne découvre pas vraiment, on y re-
vient, comme on retrouve un parfum d’enfance. Le chemin
sous les pins, les voilages immaculés qui frémissent à peine,
l’odeur du bois chauffé par le soleil mêlée à celle du poisson
sur la braise. Quelque chose en soi se dénoue avant même de
s’asseoir.
Depuis 1952, sur le sable doré de Pampelonne, Moorea cultive
un certain bonheur méditerranéen. Christophe Coutal ne se
présente pas, il est là, simplement. Huitième génération de
Tropéziens, il perpétue l’esprit d’une plage que tenait déjà
son père, et la mémoire de ses grands-parents qui recevaient
peintres et musiciens à l’Hôtel de Paris. On ne sait pas tout
cela en arrivant. On le sent.
À table, Jérôme Larmat et Yoann Toulouse signent une cui-
sine où la Méditerranée et l’Asie se répondent avec finesse.
Poissons sauvages à peine saisis, carpaccios délicats, herbes
fraîches et agrumes choisis avec soin, rosés de Provence aux
robes pâles, chaque assiette est juste, lumineuse, inspirée.
Une cuisine que l’on savoure les yeux tournés vers la mer.
Il est des endroits où l’on se montre, d’autres où l’on se re-
trouve. Moorea est de ceux-là. Les enfants courent entre les
transats, une femme lit à l’ombre d’un parasol, des amis pro-
longent un déjeuner sous le soleil. Le temps a cette texture
des journées dont on garde la sensation entière.
Le soir, quand le ciel au-dessus de Ramatuelle vire au rose,
on hésite à partir. Le sable est tiède sous les pieds. Moorea
ne retient personne, c’est pour cela qu’on y revient, toujours.
MOOREA
UN LIEU DE VIE FAMILIAL , CONVIVIAL ET FESTIF
Photographies : Julia Badereddine
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