En la revista · Eden Summer 2026

L’éternité d’un instant Ramatuellois Il est des lieux que l’on ne découvre pas vraiment, on y re-

L’éternité d’un instant

Ramatuellois

Il est des lieux que l’on ne découvre pas vraiment, on y re-

vient, comme on retrouve un parfum d’enfance. Le chemin

sous les pins, les voilages immaculés qui frémissent à peine,

l’odeur du bois chauffé par le soleil mêlée à celle du poisson

sur la braise. Quelque chose en soi se dénoue avant même de

s’asseoir.

Depuis 1952, sur le sable doré de Pampelonne, Moorea cultive

un certain bonheur méditerranéen. Christophe Coutal ne se

présente pas, il est là, simplement. Huitième génération de

Tropéziens, il perpétue l’esprit d’une plage que tenait déjà

son père, et la mémoire de ses grands-parents qui recevaient

peintres et musiciens à l’Hôtel de Paris. On ne sait pas tout

cela en arrivant. On le sent.

À table, Jérôme Larmat et Yoann Toulouse signent une cui-

sine où la Méditerranée et l’Asie se répondent avec finesse.

Poissons sauvages à peine saisis, carpaccios délicats, herbes

fraîches et agrumes choisis avec soin, rosés de Provence aux

robes pâles, chaque assiette est juste, lumineuse, inspirée.

Une cuisine que l’on savoure les yeux tournés vers la mer.

Il est des endroits où l’on se montre, d’autres où l’on se re-

trouve. Moorea est de ceux-là. Les enfants courent entre les

transats, une femme lit à l’ombre d’un parasol, des amis pro-

longent un déjeuner sous le soleil. Le temps a cette texture

des journées dont on garde la sensation entière.

Le soir, quand le ciel au-dessus de Ramatuelle vire au rose,

on hésite à partir. Le sable est tiède sous les pieds. Moorea

ne retient personne, c’est pour cela qu’on y revient, toujours.

MOOREA

UN LIEU DE VIE FAMILIAL , CONVIVIAL ET FESTIF

Photographies : Julia Badereddine

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